Textes, et Poèmes

Le Clocher

Rêve d'enfant

La fin d'un règne

Le train du temps passé

Hommage à Veynes

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chansons

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Le Clocher

Ecrit par Roger MARROU

 

Un Veynois de toujours nous dit dans ce poème son attachement au clocher de l'Hôtel de Ville

Il a coulé le temps
Des années juvéniles
Mais trop rapidement
Au clocher de la ville.
Ont coulé bien des joies
Et peut-être des pleurs
Qui se mêlaient parfois
A la ronde des heures

 

 

L'ai-je vu seulement
Ce cadran séculaire
Egrener lentement
D'un airain débonnaire
Les jours et les années
De nos jeunes printemps.
Me l'a t-il pardonné?
Laissons faire le temps!

Tu as le même visage
Mon front s'est découvert
Et j'ai peur de mon âge
Lorsque arrive l'hiver.
Eternel? je le crois,
Tu es tellement le même
A celui d'autrefois.
Bien avant ce poème.

Ils ont passé les jours
Les mois puis les années
Mais au clocher toujours
Le bronze a résonné;
L'ombre des souvenirs
Passe sur le cadran,
pourrais-je revenir
A mes rêves d'enfant ?

La fin d'un règne

Ecrit par Roger Marrou

 

Ce lent écroulement leur rappelait soudain
Celui que des trompettes chantèrent avant combat
Bien des siècles en arrière, aux abords du Jourdain.
Mais ce soir ne sonnait que le bronze d'un glas,
Un airain qui pleurait sur une sépulture,
Des songes envolés, un règne qui s'achève,
Des illusions perdues que des foulées impures
Inexorablement repoussaient vers le rêve.
Puis la Dernière pierre tomba comme lassée
Suivie par des regards perdus loin dans le temps
Qui tentaient de chercher les traces du passé,
Ce passé qui fuyait déjà depuis longtemps
Comme un vieux souvenir, un conte trop usé,
Au passage des ans, et qui s'oublie bien vite.
Une larme brilla en goutte de rosée
Puis coula doucement sur une face cuite.
Il ne restait plus rien du colosse de pierre,
Rien qu'un immense vide qu'emplissait le regret.
Là-haut dans le ciel bleu où planait la poussière
Un ange froissa l'air de ses ailes dorées.
Les yeux se détournèrent sur le gris du chemin
Où passaient lentement les fantômes ternis
D'une ère révolue que la main du destin
Refoulait sans pitié vers l'éternelle nuit ...
Le long piétinement d'un groupe soudain las
S'en allait tristement suivant une autre vie,
Foulant une autre route où résonnaient les pas
De ceux qui auraient maudit cette lente agonie.

 

 

Et le dépôt S.N.C.F tomba ...

Le train du temps passé

Ecrit par Roger Marrou
 

O plainte, déchirure,
Juste avant de se taire
pour l'ultime aventure
Un sifflet griffe l'air.
Une tornade noire,
Echeveau de fumée
Forge dans l'or du soir
Des ombres animées
Qu'un vent crépusculaire
Disperse vers le ciel,
Cohorte imaginaire
Et pourtant bien réelle.
Masse au métal brûlant
Du feu de ses entrailles,
Sur les argents des rails
Etonnée par les tons
Des mêmes paysages
Qui à chaque saison
Modifiaient leur image.
Chère petite gare
Cernée par mille fleurs,
Ton horloge s'égare
Dans la ronde des heures,
Puis, harassée soudain
Voit qu'une larme brille
Sur des lustres lointains.
Pleure, pleure l'aiguille!
Il roulait doucement
Le train du temps passé,
Arborant fièrement
Son panache tissé
Des senteurs du charbon
Qu'un feu éblouissant
Insatiable et glouton
Mangeait en mugissant.
Il est devenu mythe
Le vieux train d'autrefois,
Mais tout passe trop vite,
Bien trop vite pour moi.
Que dire des années
Légendaires demain ?
Elles se sont fanées
D'avoir fleuri en vain.
Il allait comme un rêve
Qui s'en revient la nuit
Telle un image brève
Hélas, trop vite enfuie.

Rêve d'enfant

Ecrit par Roger Marrou
 

un enfant des temps d'antan voit la fin des dernières vapeurs

Il revenait chaque matin
Regarder le monstre de fer
Qui s'en allait vers un destin
Sans doute semblable à hier.
Dragon crachant sa fumée noire
Formant volutes dans le ciel,
Il semblait conter son histoire
En halètements irréels.
Il revenait sans se lasser
Doucement dans le soir naissant,
En sachant qu'il allait passer
Avec ses feux éblouissants.
Qui donc anima le métal
En lui faisant courir les plaines ?
Un démon au cerveau génial
Issu des lueurs lucifériennes ?
Un jour d'automne chatoyant
Il n'y eu plus qu'un grand silence ;
Plus de passages rougeoyant
Sur l'horizon. Seule une absence
Résonnait en airain de deuil.
Les graines au printemps germèrent,
Chiendent et tiges de cerfeuil
Un matin couvrirent les pierres.
Ainsi finit le beau roman
Sonnet en son dernier quatrain,
Avec le rêve de l'enfant
Qui regardait passer le train

 

 

10 Janvier 1994

Hommage à Veynes

Ecrit par Serge ARGENCE

Un ancien cheminot raconte son séjour à Veynes

Il y a cinquante ans ici à Veynes, j'ai donc débuté...
Ma carrière de cheminot, aussi vais-je essayer,
D'en rappeler ces importantes quatre premières années.
D'entrée ce fut un service de surveillance j'étais " garde quai "
Puis c'est alors quelques six longs mois ainsi passés,
Qu'à " la manœuvre " en 2 X 8 je me suis retrouvé.
Ayant quand même réussi l'examen de " facteur ",
Pendant presque deux ans j'ai continué avec ardeur,
A apprendre le métier, pas toujours en douceur.
J'affichais le syndicalisme de classe dans sa ferveur.
Mais d'un autre côté j'aimais le rire, la bonne humeur.
Une bêtise ou une farce, les copains en connaissaient l'auteur
La convivialité, l'amitié des Veynois, quelle bonne aubaine,
Qui m'a permis de traverser des joies et bien des peines,
Pendant les quatre ans, qui sont loin, mais quelle veine!
De garder les souvenirs de cette jeunesse alors sereine,
Aujourd'hui après avoir parcouru à vélo les monts, les plaines,
Je reviens dire simplement un très grand merci à Veynes.

09 Mai 1995

 

henri.favier@wanadoo.fr